Situé
à environ 80 kilomètres de Orodara
chef lieu de la province du Kénédougou,
Kourouma est aujourd’hui un chef lieu
de département. Les fondateurs du village
sont des Sénoufo "nanergé"
venus de Bakornibugu (village situé
près de Sikasso dans l’actuel
Mali). Le fondateur est Bè, un guerrier
de Daoula Traoré roi du Kénédougou.
Il mit en place une principauté vassale
du Kénédougou et entreprit la
construction d’un palais à étages.
A sa suite, ses successeurs ajoutèrent
des ailes au bâtiment principal. Ce
vaste palais dont certaines parties sont actuellement
en ruine, a été partiellement
réhabilité grâce à
des aides financières extérieures.
On accède au palais par le «Kwãnè»,
vestibule/salle d’attente. De ce vestibule,
on entre dans une cour rectangulaire au sol
damé. Le visiteur est alors conduit
dans la vaste salle d’audience «boutiquè»
aux parois tapissées de peintures au
kaolin. Ces peintures représentent
des attributs guerriers, des symboles royaux.
Pour les entretiens privés, le roi
reçevait le visiteur dans la «salle
de confidences» continguë aux quartiers
des femmes
Un étroit escalier permettait au roi
d’accéder au «gbafaguè»
(appartements privés du roi) et aux
salles du trésor...
Près du bâtiment principal, se
trouvent la nécropole (otokpane)
de la famille royale ainsi que la salle des
cultes.
La superficie de l’ensemble de la cour
royale est d'environ cinq hectares.
Si aujourd'hui le palais n'est plus habité
par les successeurs des rois fondateurs, l'influence
et l'autorité des descendants du palais
sont toujours bien réelles et bien
vivantes. Les Kourouma n'hésitent pas
en cas de litige, à faire appel à
la décision de l'ainé de la
famille royale. Il peut arriver, signe que
l'affaire est d'importance, que le chef coutumier
organise des réunions à l'intérieur
du palais..
Au terme de la réhabilitation du palais,
il est envisagé d'y créer un
petit musée consacré à
l'histoire du palais et de la chefferie, aux
coutumes et à la tradition de la communauté
de Kourouma.