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LE
PAYS SENOUFO
: un habitat traditionnel
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TYPE
D'HABITAT
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L'habitat
Sénoufo est caractéristique.
Partout on retrouve les cases rondes aux toits
de chaumes coniques.
Remarquable aussi, les greniers toujours nombreux
aux abords des villages et qui nous rappellent
la vocation d'agriculteurs des "sénoufo".
On peut distinguer deux types de constructions
:
Les premières marquent généralement
le lieu d'implantation originel du village.
Au plan architectural, elles se distinguent
par leurs formes ovoïdes. On entre par
un vestibule d'entrée ( "kwané"
en sénoufo) fait d'une case ronde à
deux ouvertures se faisant face. On passe
ensuite dans une vaste cour circulaire autour
de laquelle sont agencées des cases
rondes reliées entre elles par de petits
murets d'enceinte. Il s'agit de la concession
familiale d'origine ou encore du "village
fondateur".
La famille s'agrandissant, les fils doivent
partir pour ériger leur propre quartier
d'habitation. Ces nouvelles habitations ne
présentent plus la délimitation
précise de la concession familiale
d'origine. Les cases semblent être construites
sans plan bien défini donnant à
l'ensemble une impression anarchique. On peut
cependant distinguer les différents
quartiers correspondants chacun à l’implantation
d’une famille ou d’un clan.
Ce nouvel habitat est toujours dépendant
du "village originel". C'est en
effet, dans le village fondateur que se trouve
la "case des fétiches" lieu
des cérémonies et pratiques
rituelles communes.
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Greniers
Village
Sénoufo
Case
des fétiches |
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ARCHITECTURE
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L'argile est le principal matériau
de construction. Cette matière prélevée
dans les environs immédiats du «
chantier » est pétrie avec de
l’eau et mélangée de paille
et de bouse de vache (pour protéger
l’édifice contre les termites).
L'argile une foi pétrie et mélangée,
la construction peut s'effectuer selon deux
techniques: la construction en colombinage
ou celle en briques de terre crue.
• En colombinage : avec l'argile pétrie,
on fait des "boudins" qui sont ensuite
reliés et superposés les uns
aux autres. Arrivé à une certaine
hauteur, on doit laisser le bâti sécher
pendant un à deux jours avant de poursuivre
la construction. La construction par colombinage
peut prendre ainsi plusieurs jours.
• En briques de terre crue: avec l'argile
pétrie, on réalise des briques
à l'aide d'un moule. Au cours de la
construction les briques sont jointes à
l'argile. Cette technique, plus récente,
est plus rapide et certainement moins laborieuse
que le colombinage.
En pays Sénoufo, la construction d’une
case est une œuvre collective à
laquelle participe toute la famille et même
les voisins. Il n’existe pas d'artisans
maçons spécialisés.
Ces
cases rondes d’environ trois mètres
de diamètre et d'un mètre et
demi de hauteur n'ont qu'une seule ouverture:
l’entrée basse et ogivale. Cette
entrée est fermée par une porte
en bois. La toiture en chaume a la forme d'un
entonnoir renversé.
Aujourd'hui, à côté de
ces cases rondes traditionnelles sénoufo,
on trouve parfois des maisons rectangulaires,
forme qu'autorise la technique plus récente
et importée de la brique de terre crue
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Cases
en briques de terre |
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Les
canaris à l'intérieur de la case
sont intégrés à la construction,
ils séparent ainsi la case en deux compartiments
distincts: couchage et rangement. |
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VIE
INTERIEURE
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La
cour est un espace découvert au sol
damé. Elle est commune à tous
les habitants de la concession. S'y déroule
la plupart des activités domestiques
et, la nuit tombée, s'y tiennent les
palabres.
Chez
les Sénoufo, chaque homme possède
sa propre case. Les enfants et adolescents
dorment soit avec leurs grands-parents soit
avec leur mère.
On distingue ainsi dans la concession senoufo:
- la case du chef de famille
- les cases des épouses (société
polygame)
- les cases des hommes célibataires
- la case d'accueil pour les visiteurs
- la case des fétiches
- la cuisine accolée à la case
de la femme
- les lieux de toilettes, notamment les douches
- les poulaillers et bergeries
L'intérieur de chaque case d’habitation
est scindée en deux compartiments :
- l'espace de couchage avec un lit en bambou
(le tara) ou en terre sur lequel est posé
un matelas de paille ou de fibres de kapock
- l'espace de rangement des divers ustensiles
et outils
Hormis les hommes de la famille nucléaire,
aucun homme autre que le mari n’a le
droit d’accèder aux cases des
femmes.
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| La
cour d'habitation
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| Cases
traditionnelles en banco |
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