Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme - 03 BP 7007 Ouagadougou 01 - Tél : (226) 50 33 09 64 -
 

LE PAYS SENOUFO : un habitat traditionnel

TYPE D'HABITAT
ARCHITECTURE
VIE INTERIEURE
  haut de page

TYPE D'HABITAT
 

L'habitat Sénoufo est caractéristique. Partout on retrouve les cases rondes aux toits de chaumes coniques.
Remarquable aussi, les greniers toujours nombreux aux abords des villages et qui nous rappellent la vocation d'agriculteurs des "sénoufo".


On peut distinguer deux types de constructions :

Les premières marquent généralement le lieu d'implantation originel du village. Au plan architectural, elles se distinguent par leurs formes ovoïdes. On entre par un vestibule d'entrée ( "kwané" en sénoufo) fait d'une case ronde à deux ouvertures se faisant face. On passe ensuite dans une vaste cour circulaire autour de laquelle sont agencées des cases rondes reliées entre elles par de petits murets d'enceinte. Il s'agit de la concession familiale d'origine ou encore du "village fondateur".


La famille s'agrandissant, les fils doivent partir pour ériger leur propre quartier d'habitation. Ces nouvelles habitations ne présentent plus la délimitation précise de la concession familiale d'origine. Les cases semblent être construites sans plan bien défini donnant à l'ensemble une impression anarchique. On peut cependant distinguer les différents quartiers correspondants chacun à l’implantation d’une famille ou d’un clan.


Ce nouvel habitat est toujours dépendant du "village originel". C'est en effet, dans le village fondateur que se trouve la "case des fétiches" lieu des cérémonies et pratiques rituelles communes.

Greniers  
Village Sénoufo
Case des fétiches
 
  haut de page
ARCHITECTURE
 

L'argile est le principal matériau de construction. Cette matière prélevée dans les environs immédiats du « chantier » est pétrie avec de l’eau et mélangée de paille et de bouse de vache (pour protéger l’édifice contre les termites).

L'argile une foi pétrie et mélangée, la construction peut s'effectuer selon deux techniques: la construction en colombinage ou celle en briques de terre crue.

• En colombinage : avec l'argile pétrie, on fait des "boudins" qui sont ensuite reliés et superposés les uns aux autres. Arrivé à une certaine hauteur, on doit laisser le bâti sécher pendant un à deux jours avant de poursuivre la construction. La construction par colombinage peut prendre ainsi plusieurs jours.

• En briques de terre crue: avec l'argile pétrie, on réalise des briques à l'aide d'un moule. Au cours de la construction les briques sont jointes à l'argile. Cette technique, plus récente, est plus rapide et certainement moins laborieuse que le colombinage.

En pays Sénoufo, la construction d’une case est une œuvre collective à laquelle participe toute la famille et même les voisins. Il n’existe pas d'artisans maçons spécialisés.

Ces cases rondes d’environ trois mètres de diamètre et d'un mètre et demi de hauteur n'ont qu'une seule ouverture: l’entrée basse et ogivale. Cette entrée est fermée par une porte en bois. La toiture en chaume a la forme d'un entonnoir renversé.

Aujourd'hui, à côté de ces cases rondes traditionnelles sénoufo, on trouve parfois des maisons rectangulaires, forme qu'autorise la technique plus récente et importée de la brique de terre crue

Cases en briques de terre
Les canaris à l'intérieur de la case sont intégrés à la construction, ils séparent ainsi la case en deux compartiments distincts: couchage et rangement.
  
  haut de page
VIE INTERIEURE

 

La cour est un espace découvert au sol damé. Elle est commune à tous les habitants de la concession. S'y déroule la plupart des activités domestiques et, la nuit tombée, s'y tiennent les palabres.

Chez les Sénoufo, chaque homme possède sa propre case. Les enfants et adolescents dorment soit avec leurs grands-parents soit avec leur mère.

On distingue ainsi dans la concession senoufo:
- la case du chef de famille
- les cases des épouses (société polygame)
- les cases des hommes célibataires
- la case d'accueil pour les visiteurs
- la case des fétiches
- la cuisine accolée à la case de la femme
- les lieux de toilettes, notamment les douches
- les poulaillers et bergeries

L'intérieur de chaque case d’habitation est scindée en deux compartiments :
- l'espace de couchage avec un lit en bambou (le tara) ou en terre sur lequel est posé un matelas de paille ou de fibres de kapock
- l'espace de rangement des divers ustensiles et outils

Hormis les hommes de la famille nucléaire, aucun homme autre que le mari n’a le droit d’accèder aux cases des femmes.

La cour d'habitation
Cases traditionnelles en banco
Un habitat traditionnel